« Fabriquer, boire et faire boire de la bière »

Afin d’exercer un métier manuel, Sarah Morand a créé en mai 2020 la Brasserie du Phare à Cany-Barville (76) à quelques encablures des impressionnantes falaises de la Côte d’Albâtre. Depuis, la jeune femme gère seule la destinée de cette brasserie familiale où le papa donne un coup de main les jours de production et sur les salons et marchés.

Il y a désormais un phare à Cany

La Brasserie du Phare est née à Cany-Barville en 2019 et a ouvert ses portes en mai 2020. Les bières de la Brasserie du Phare, brassées seules par Sarah Morand s’épanouissent sur le terroir de la Côte d’Albâtre, entre la force des terres agricoles et la finesse des embruns maritimes iodés. Cette implantation a forgé notre légende, celle d’une brasserie familiale, sur le littoral de la Côte d’Albâtre.

Alors oui, il n’y avait pas de phare à Cany-Barville… Désormais, si ! Et ce monument saura guider à bon port, dans la nuit sombre et brumeuse, les amateurs de breuvages houblonnés les plus exigeants. Sarah Morand a choisi cet emblème car un phare permet d’affronter les éléments avec fierté comme il a permis à Sarah de maîtriser les ingrédients et les recettes des bières de la Brasserie du Phare. Mais aussi parce que le phare sert à guider les jeunes marins comme les vieux loups de mer. À l’image de sa brasserie qui se veut lieu d’accueil, d’échanges et de rencontres.

Le phare, c’est le trait d’union entre la terre et la mer, la bière c’est un peu pareil, de l’eau en quantité et les produits de la terre. Le phare est à notre image, les pieds sur terre et la tête dans les nuages. Le nom de la brasserie était tout trouvé.

« Qui va s’occuper des enfants ? »

Sarah a eu une vie bien remplie avant de devenir brasseuse. Après des études de photographie, quelques années à faire les « saisons » et un passage à Paris au sein d’un grand groupe immobilier, la jeune femme prend un nouveau virage. Elle souhaite retourner à un métier manuel pour faire quelque chose de plus concret. Sarah fera de la bière. Elle se forme alors au sein de la Brasserie Chaumont’Oise et ouvre la Brasserie du Phare avec ses propres deniers.

Oui en autofinancement car Sarah n’a pas obtenu le crédit bancaire qu’elle espérait. Elle s’imagine alors que c’est pour des raisons financières. Mais non. Elle se rend compte qu’en réalité des hommes, dans la même situation qu’elle, obtiennent pourtant des financements. La question du banquier lui a mis la puce à l’oreille « Mais qui va s’occuper des enfants ? ». Tout était dit.

Sarah Morand et son papa
Éric, le papa de Sarah, lui donne un coup de main sur les marchés.

Une madeleine de Proust

Le père de Sarah a commencé le brassage amateur en 1999. À cette époque, il était difficile de trouver du matériel et des matières premières. Puis, quelques temps plus tard, quand l’idée de fonder une brasserie a commencé à germer dans leurs têtes, Sarah a cuisiné ses premiers brassins.

Au moment où elle senti la douce odeur des céréales puis l’odeur plus particulière du houblon, des images et des parfums ont alors refait surface. La fameuse madeleine de Proust. C’est à cet instant là qu’elle décide que fabriquer de la bière, boire et faire boire de la bière sera son avenir.

Dans un secteur encore très masculin, des femmes de tempérament brassent seules. Sarah est de celles-là. Bien que le brassage reste un métier dur, Sarah est persuadée de battre au lever de sac de malt certains de ses collègues hommes qui pèsent 20kg de moins qu’elle ! Alors oui, comme toute personne qui tient à faire ce métier plus de 10 ans, elle fait le nécessaire pour se simplifier la tâche. Tout est sur roulette et elle utilise des systèmes de levage au besoin. Par ailleurs, le code du travail est très strict sur le port de charges.

En 2022, les remarques sexistes ont la peau dure

Sarah en est convaincu. Ce n’est pas vraiment le port des lourdes charges le principal obstacle quand on est une femme. Mais bien le sexisme. Elle évoque notamment l’invisibilisation, le manque de reconnaissance de la place des femmes dans la société.

C’est à chaque fois la même histoire. Lorsqu’elle accueille un groupe pour leur faire visiter la brasserie et leur expliquer de A à Z son fonctionnement et la production de bières, si son père rentre dans l’atelier à ce moment-là, c’est lui le patron, le brasseur, etc. Quand elle répondait aux premières interviews pour présenter la brasserie, quand l’article sortait, c’était la brasserie du papa ! C’est pourquoi désormais, c’est exclusivement Sarah qui répond aux journalistes.

Des bières de terroir

C’est à Sarah que revient la création de toutes les recettes et du style de la production de la Brasserie du Phare. Ils l’adaptent surtout à sa clientèle qui n’est pas constituée de beer geeks mais plutôt de personnes dont on doit former le palais petit à petit. Les bières de la Brasserie du Phare s’inscrivent de fait dans le terroir de la Côte d’Albâtre.

La gamme se décline en quatre bières permanentes :

  • La Soif (5% d’alcool par volume), une bière légère, désaltérante et facile à boire.
  • L’Albâtre Pale Ale (5,8% d’alcool par volume), une bière inspirée du style American Pale Ale donc légèrement plus amère mais façonnée avec des houblons français.
  • La Red Albâtre (4,5% d’alcool par volume), une bière inspirée du style Irish Red Ale donc plus un travail sur l’assemblage de malts qui vont développer des notes de caramel et des arômes très légèrement torréfiés.
  • La Triple Albâtre (9% d’alcool par volume), une bière typée Belge mais avec des houblons très parfumés.

Sarah élabore aussi des recettes saisonnières comme sa désormais traditionnelle bière de Noël ainsi que des « collabs » (peut en citer une ou deux ?) qu’elle concocte avec les autres adhérentes de l’association Pink Boots Society qui aide, inspire et encourage les femmes qui travaillent dans le milieu brassicole.

La brasseuse est très pointilleuse sur les matières premières qu’elle utilise. Elle sélectionne principalement des ingrédients français ou à défaut de la super qualité. Dans les prochaines semaines, elle va poursuivre son développement pour atteindre une production de 500 litres et cuisiner de nouvelles recettes. Mais ça, c’est secret !

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

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