Des bières bio à contre-pied des brasseries industrielles

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Depuis 2017, Benoît Boisanfray brasse des bières bio dans sa brasserie Bel Orge, implantée en Normandie. Il a à cœur de produire des bières de dégustation, élaborées exclusivement avec des malts et houblons bio. Il perpétue la tradition familiale puisque son grand-père était brasseur dans le nord de la France dès 1945.

Peux-tu refaire l’histoire de la brasserie Bel Orge ?

Elle commence il y a très très longtemps ! Je suis en effet imprégné de la culture brassicole depuis mon enfance. Mon grand-père était brasseur et avait repris la Brasserie Lecerf de Aire-sur-la-Lys, dans le Pas-de-Calais (62), après la seconde guerre mondiale.

La gamme Bel Orge

Après des années à bourlinguer, notamment en Afrique et en Asie, comme responsable administratif d’une ONG, qui se consacre aux problèmes de nutrition, d’accès à l’eau et à la nourriture, j’ai opéré une reconversion professionnelle. À mon retour en France, en 2016, je me décide à créer une brasserie, ma brasserie artisanale et bio. Il faut dire que je brassais déjà depuis 20 ans. Même au Bengladesh…

Le moment était enfin venu de passer à la concrétisation de ce projet non plus pour jouer mais à une échelle professionnelle. Mes premiers brassins (golden ale et stout) datent de cette période. J’ai donc appris le maltage au musée français de la brasserie, près de Nancy, avant de suivre la formation brassicole du centre professionnel du Nord, à Douai.

Au printemps 2017, après quelques aménagements de mon local, je m’installe à Villers-sur-Mer et je produis dès juillet mes premières bières. Je commence leur commercialisation à la fête de la coquille Saint-Jacques en octobre. Une fois lancé, tout est allé assez vite.

Quel a été le déclic qui vous a incité à tenter l’aventure ?

Il y en a eu deux en fait. Le premier est le souhait de prendre le contre-pied des pratiques industrielles des brasseurs en élaborant des bières moins standardisées. Le second s’est manifesté après la naissance de mon deuxième enfant et la volonté de revenir en France.

Gamme Bel Orge

Comment avez-vous choisi le nom de votre brasserie ?

Avec Pauline, mon épouse (rencontrée pendant une mission humanitaire en Birmanie), nous avons fait un sondage en ligne en proposant plus de dix noms possibles pour notre brasserie. Le nom Bel Orge a été plébiscité par 95% de la centaine de personnes qui a répondu. Comme le nom était libre, nous l’avons adopté. Il colle parfaitement avec l’image que nous voulons donner à notre projet de brasserie.

Qui élabore les recettes et oriente le style de la gamme Bel Orge ?

Pour l’élaboration des recettes, comme pour les autres décisions importantes concernant la brasserie, je suis épaulé par Pauline qui a gardé son activité professionnelle à côté. En revanche, le travail en atelier (brassage, embouteillage et livraison), c’est pour moi. Comme je suis seul, il est important d’anticiper et d’être carré.

Aujourd’hui, notre gamme Bel Orge se compose de la Stout et de la Golden Ale des débuts auxquelles sont venues s’ajouter la Copper Ale (une ambrée qui titre à 7°), la Norweiss (inspirée des weizen allemandes), la Lys (une lager) et la Heketaï (une session IPA). Notre logo avec la carriole est un clin d’œil à la brasserie de mon grand-père. Il a été conçu sur la base d’une vraie photo de Jules, le livreur de sa brasserie.

Qu’est-ce qui singularise la Bel Orge de ses confrères ?

La production en bio. Nous ne sommes pas encore si nombreux dans le métier. Nos bières sont plutôt douces et facile d’accès. La bière artisanale n’est pas un produit standard. N’empêche, même si les brasseries proposent toute les classiques blonde, brune, ambrée et rousse, elles sont toutes différentes car les brasseurs apportent leur touche personnelle aux recettes de base.

Le consommateur peut donc choisir une bière ici, une autre là et enfin une troisième chez un collègue. Notre circuit de distribution privilégie les cavistes, les épiceries indépendantes et les magasins spécialisées dans le bio de la région.

Quels sont les projets de la Bel Orge pour les prochains mois ?

Je vais atteindre mes objectifs 2020 en… 2021. En 2019, j’ai brassé environ 12.000 litres, en 2020 je m’étais fixé l’objectif d’atteindre une production entre 15.000 et 18.000 litres. La crise sanitaire de 2020 avec la fermeture des bars et restaurants a entrainé une baisse de mon chiffre d’affaires. Avant la Covid-19, j’ai investi dans de nombreux fûts de 20 litres pour fournir les bars… Ils sont toujours là et je compte bien m’en servir !

« L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération. »

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