La Petite Brasserie Picarde est une bête à concours

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C’est en 2011 que Pascal Détrez a démarré l’activité de la Petite Brasserie Picarde sur une ancienne et jolie ferme typique qu’il a restaurée, en Picardie. Après vingt ans d’expériences sur les boissons fermentées, il voulait vivre pleinement sa passion pour le brassage en bio.

Est-ce que tu veux bien revernir sur la création de la Petite Brasserie Picarde ?

Je fais des boissons fermentées depuis 1978 et mon premier tonneau d’hydromel. J’avais 17 ans. J’étais surtout intéressé par la fermentation de jus de fruits pressés : vins de groseilles, de cerises ou de raisin. Le cidre, le poiré aussi, ainsi que toutes les autres combinaisons à base de macérations de plantes et de fruits dans des vins ou des alcools.

J’ai commencé à brasser de la bière en 1998 seulement et je me suis rodé pendant 13 ans avant de lancer la Petite Brasserie Picarde en 2011. Mon premier brassin pro a été « fourquet de bronze » à Saint-Nicolas-de-Port (60 ambrées en lice). J’étais donc pas mal au point.

Accessoirement, j’ai été instituteur de 1983 à 2011 avant de démissionner pour créer ma brasserie. Démission de l’Éducation nationale signifie aucune indemnité de chômage en attendant de me verser un revenu issu du brassage. Cela veut aussi dire pas d’aide à l’installation hormis un prêt à taux zéro de 8 000 euros pour 200 000 euros d’investissements.

Les débuts ont donc été compliqués. Et aujourd’hui encore je me rémunère que très peu au bout de 10 ans mais j’ai une qualité de vie qui me convient. J’ai de très bons retours sur mes bières et savoir que les gens ont plaisir à les déguster me réjouit plus que des billets de banque, au-delà du minimum vital de 1000€/mois dans mon cas (j’ai fini de payer ma maison et mes enfants sont indépendants).

L’accueillant « biergarten » de la Petite Brasserie Picarde.

Quels sont tes projets pour les prochains mois ?

Je vais continuer à me faire plaisir en brassant de nouvelles bières, peut-être en lien avec mon passé de vinificateur domestique. J’aime bien aussi l’histoire locale et je fais des recherches sur les anciennes recettes de bières de Picardie et du Nord de la France. J’aimerais les interpréter avec les connaissances actuelles pour les rendre accessibles par nos contemporains.

Qu’est-ce qui singularise la Petite Brasserie Picarde ?

Ce qui me singularise ? L’indépendance d’esprit d’abord. Je ne suis pas les grands courants, pas d’IPA par exemple. La rigueur dans le brassage aussi (je veux des bières au top) et l’obsession de la propreté dans ma brasserie. Les visiteurs me demandent souvent si elle est en activité ! Enfin, la recherche du goût : je brasse ce qui me plaît, mes goûts évoluent donc et mes bières aussi.

Je n’ai pas parlé du bio tellement c’est une évidence pour moi d’avoir le moins d’impact possible sur la nature : réduction de la consommation d’eau et d’énergies, zéro déchet non réutilisé ou recyclé, pas de plastique, emballages en carton brut, rouleaux d’adhésif kraft, bouteilles en verre, bouchons mécaniques réutilisables, étiquettes adhésives décollables, etc.). C’est pour cela que mon logo représente une chauve-souris dans une fleur de houblon. La brasserie est d’ailleurs classée refuge pour les chauves-souris depuis 2014.

Dis nous en plus ?

Ma production est petite, 120 hectolitres par an, et je travaille seul afin de maîtriser toutes les étapes de la fabrication. J’y gère seul toutes les étapes de la fabrication, produisant ainsi des bières véritablement artisanales, en petit volume. J’attache aussi une attention particulière au soutien à l’économie locale. Mes céréales, houblons, bouteilles, cartons, étiquettes, etc. sont régionales.

De ce fait, mon circuit de distribution est local pour minimiser les transports et favoriser les emplois locaux. Je refuse donc que mes bières décorent les rayons des grandes surfaces car seuls les dividendes des actionnaires y comptent au mépris du producteur et du consommateur. Les consommateurs sont de plus en plus sensibles à ces aspects et apprécient une telle qualité à un prix à peine plus élevé que celui des bières artisanales ordinaires.

La large gamme de la Petite Brasserie Picarde collectionne les médailles et les prix.

Ta gamme est large, peux-tu nous décrire tes bières ?

  • Pinte Douce (4,5% d’alcool par volume)

Cette bière blonde légère de style Saison, houblonnée à cru au Cascade, développe des parfums de citron, clémentine, citronnelle, camomille et aubépine. Avec son amertume saillante elle est fraîche en bouche. Très désaltérante.

  • Bronzett’ (5% d’alcool par volume)

C’est une blonde de style Weizen 4 grains (froment, orge, sarrasin, avoine). Nez frais d’agrumes et de verdure. En bouche, l’acidité immédiate citronnée accentue la sensation de fraîcheur. Saveur évoluant sur les fruits mûrs. Long étalement sur les céréales douces et teintées d’acidité désaltérante.

  • Tentatrice (6,2% d’alcool par volume)

Une blonde de style Pale Ale aux parfums de pâtisserie, pain frais, crêpes, miel, fruits jaunes (abricot). En bouche, sa texture est onctueuse, veloutée évoque une tisane de céréales, sucrée et épicée de houblons aromatiques. Finale sèche sur les houblons verts, herbacée et poivrée.

  • Mirac’ (6,4% d’alcool par volume)

Cette Bière de Garde rousse. Ses arômes de malt toasté, girofle, pêche de vigne donne en bouche une attaque légèrement sucrée, toffee, biscuit, croûte dorée de brioche et caramel. Amertume bien équilibrée, facile à boire.

  • Festus (7% d’alcool par volume)

Une bière « médiévale » au gruyt, de style bière avec ajout d’épices. Sa robe est ambrée aux reflets rougeâtres et sa mousse beige, généreuse et tenace. Nez expressif, original avec son délicat mélange d’épices. En bouche, l’attaque est bien maltée, rôtie, pointe de caramel, du corps et ce mélange d’épices savamment dosé qui persiste sur la longueur.

  • Noctimbul’

Cette Porter aux arômes de café doux et de malt grillé a une attaque en bouche douce avec ses saveurs de café doux à la chicorée surélevée d’une pointe de cacao et de guignolet. Longueur remarquable et originale.

  • Kovsh

Cette Stout Impérial Russe à l’avoine propose un agréable contraste entre chaleur alcoolisée et fraîcheur houblonnée sur la résine. Amertume bien marquée, équilibrée par la rondeur maltée. Très longue persistance.

Références et titres

Certification biologique, labellisation «Made in 60», titulaire de la Charte Qualité Confiance, lauréat des Trophées de l’Artisanat de l’Oise 2019, sélection Gault & Millau des Meilleurs Artisans de France, recommandé par Bottin Gourmand et Petit Futé, de nombreuses médailles d’or, d’argent et de bronze dans les plus prestigieux concours de bières en France (concours International de Lyon, France Bière Challenge, Concours National de Nancy) et à l’étranger (argent à Dublin), et des bières classées remarquables au 1er Guide Hachette des bières. Belle réputation également auprès des consommateurs dont les avis sont consultables sur TripAdvisor (5/5 pour 32avis), Facebook (4,8/5 pour 78 avis) ou encore Google (4,7/5 pour 27 avis).

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

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