Installés à Caen depuis 2024, les Bretons Morgan Gicquel et Amélie Fourré ont fait du Bon Prétexte un bar-cave à bières atypique. C’est une vitrine vivante des brasseries normandes, où les pressions tournent, les styles se croisent et la curiosité des client·es est constamment titillée. Entre convivialité de bistrot de quartier et défense du bien brassé local, leur projet ne cesse de mousser. L’occasion parfaite d’aller rencontrer ces défenseurs, au quotidien, du bien brassé normand.

De Rennes à Caen, un projet à deux
Amélie et Morgan, c’est seize ans de vie commune et une même envie au fil du temps, créer quelque chose ensemble. Rencontrés à Rennes pendant leurs études de communication, ils suivent ensuite des chemins engagés. « Nous avons tous les deux un bagage en communication, détaille Amélie. Morgan a travaillé au sein de l’association Petits Princes, avec la mission de développer la notoriété digitale et de valoriser les actions menées. Et moi, j’assurais la promotion de l’agriculture locale, en lien permanent avec les producteurs. » Le déclic était là. Il ne restait plus qu’à le concrétiser.
Changer de vie autour d’une pinte
L’idée d’un bar et cave à bières n’a rien du hasard. « Nous avons travaillé plusieurs années à Paris. L’envie de casser la routine du « métro-boulot-dodo » et de se lancer dans une aventure à deux s’est vite imposée, racontent Amélie et Morgan. On a aussi fait quelques remplacements dans la cave à vin du père d’Amélie. C’est là qu’on a développé cette appétence pour orienter les gens vers la bière artisanale. » Mais pourquoi avoir choisi Caen ? Amélie a été incitée à venir s’installer à Caen par son amie d’enfance Camille (la rédaction de mesbieres la remercie…).
Un bar de quartier qui brasse les liens

Amélie et Morgan posent leur dévolu sur La Brasserie Caennaise, un bar chargé de souvenirs pour beaucoup de Caennais, autrefois connu sous le nom du Tilbury. Quelques travaux plus tard, Le Bon Prétexte prend un nouvel envol. « Comme un bistrot de quartier où l’on entre pour une bière et où l’on reste pour l’excuse, rappelle Morgan. On aime ce côté intergénérationnel, familial, ce bout de comptoir souvent occupé. L’endroit est propice aux rencontres, aux discussions entre potes autour d’une bière normande ou d’un jeu de société mis à disposition. Un lieu chill, sans chichi, où l’on boit local. »
Munie d’une grande vitrine réfrigérée, la partie cave propose des bières artisanales et normandes. Avec près de 115 brasseurs référencés en Normandie, le couple a le choix. Ils proposent aussi du cidre, du poiré et des spiritueux normands.
La carte, en rotation permanente
« On aime faire découvrir des produits humainement identifiables. Chaque pression a sa personnalité, et on peut mettre un visage derrière chaque brassin, apprécie Amélie. C’est aussi pour ça qu’on les change régulièrement, pour montrer la diversité des bières brassées autour de nous. La NEIPA de Robin (Au Brasseur Quibois), la miel-piment d’Aude et Antoine (Valdal), l’ambrée de Denis (La Voie Lactée), la brune d’Anaïs et Pierre (Captain James)… ».
Toujours une petite envie de surprendre
« Au départ, nous avons composé notre sélection par affinité avec les brasseurs qui ont pris le temps de venir nous rencontrer pendant les travaux d’aménagement. Ensuite, on a affiné en dégustant avec les copains, souvent en fin de journée.

Aujourd’hui, on ajuste aussi selon les envies des client·es. Bière forte, bière barriquée, sour, NEIPA… on aime varier les trouvailles, avec toujours cette petite envie de surprendre. Ce qui est cool, c’est que les gens nous parlent des brasseries normandes qu’ils connaissent. On s’y intéresse et, bien souvent, elles intègrent notre bièrothèque. »
Une palette de goûts inattendus
Avec la bière artisanale, les coups de cœur sont fréquents. Il y en a pour tous les goûts : blondes, brunes, ambrées, IPA, mais aussi poivre, piment, verveine, Earl Grey, basilic… Amélie est très bière fumée, Morgan plutôt gose et NEIPA.

« On essaie de proposer un maximum de références normandes sur nos étagères et dans nos frigos, précise Morgan, toujours à l’affût de la dernière nouveauté. Nos cinq pressions changent régulièrement, histoire de satisfaire tous les palais. D’ici quelques semaines, un ou deux becs supplémentaires viendront étoffer encore l’offre de bières à la pression. On peut consommer sur place (avec un droit de capsule à 2 €) ou repartir avec sa bière sous le bras.
Un bar vivant dédié aux bières normandes
Le Bon Prétexte, c’est le rendez-vous pour celles et ceux qui veulent juste une pinte de blonde comme pour les curieux en quête de découvertes. Pour passer un cap, ce duo de passionnés va réaménager l’espace afin d’accueillir plus de monde. Notamment lorsqu’ils fêteront leurs deux ans en mai et diffuseront les matches de la Coupe du monde de football.

Porté par l’énergie de Morgan et Amélie, Le Bon Prétexte s’impose comme un comptoir vivant dédié aux bières normandes. Un lieu où l’on vient autant pour partager un verre que pour explorer la richesse brassicole de la région.
Pour boire une bonne pinte !
Le Bon Prétexte
33 Rue du Havre, à Caen
La vente d’alcool est interdite aux mineurs.
L’alcool se déguste avec responsabilité.

