Douarnenez, cité portuaire du Finistère à l’âme ouvrière et maritime, vit au rythme de ses trois ports, de ses luttes sociales et d’une culture populaire bien ancrée. C’est là que la brasserie Plijadur, a été fondée par deux amis Pierre Boccou et Jean-Michel Le Hir. Rejoints par Alex Thibaud, ils cultivent désormais un état d’esprit entre authenticité, convivialité et partage. Installée rue de Pont Dinou, à Pouldavid, c’est la première brasserie artisanale de la ville qui assume son ancrage local jusque dans son nom « plaisir » en breton.

Douarnenez, cité Penn Sardin (tête de sardine en référence à la coiffe des employées des sardineries) a une identité forte. Une histoire ouvrière, maritime, populaire. Il manquait une brasserie qui porte tout ça. Depuis 2022, la brasserie Plijadur est là pour faire mousser l’âme douarneniste. On ne brasse pas seulement de la bière. « On défend un état d’esprit : authenticité, convivialité, partage », assurent Pierre Boccu, Jean-Michel Le Hir et Alex Thibaud.
Une brasserie née ici, pour ici
L’idée portée par des amis d’enfance. « Pierre et moi, Jean-Michel, on se connaît depuis toujours. On a grandi ici. On a joué au rugby ensemble au club de Douarnenez. L’idée est née après un match, presque naturellement. Si Concarneau et Carhaix ont leurs brasseries, pourquoi pas Douarnenez ? »
Le projet a pris forme avec le soutien de leurs proches. Puis Alex a rejoint le duo en 2024. Brasseur expérimenté, il a structuré la production et affiné les recettes. Aujourd’hui, chacun a son rôle, mais tout se décide collectivement. Une vrai première ligne au rugby…
Un nom pour le plaisir
Plijadur signifie « plaisir » en breton. C’est simple, direct et évident. « Ce mot fait aussi écho à l’esprit des Gras, le carnaval de Douarnenez. Il résume ce qu’on cherche à faire : une bière qui rassemble », précise Pierre.
L’atelier de brassage est situé rue de Pont Dinou, à deux pas du Port Rhu. Blottie entre les anciennes conserveries et les chantiers navals ; l’ancien secteur industriel. « C’est notre clin d’œil assumé à l’histoire ouvrière du quartier », explique Alex. La salle de brassage fait aussi office de lieu de vie, inauguré avec le concert de leurs potes de The Red Goes Black et leur Soulful Rock Music tonique. « Ici, la bière se partage en musique ».

Quelle est votre gamme aujourd’hui ?
« Nous brassons six références permanentes et la brasserie continue d’avancer avec, notamment, une Triple est en préparation », annonce Jean-Michel.
- Plij, une Blonde (5% d’alcool par volume) fraîche, équilibrée, accessible toute l’année,
- Pikez, une Ambrée (5,5% d’alcool par volume) ronde, maltée, expressive,
- Dirollet, une IPA (6,5% d’alcool par volume) houblonnée, voyageuse, médaille d’or à Lyon,
- Splamb, une Blanche (5% d’alcool par volume) légère, agrumes et épices,
- Bouchig, une Session IPA (4% d’alcool par volume), fine amertume, fruits blancs, facile,
- Dalc’h Mad, une Red Ale (5% d’alcool par volume) maltée et intense, hommage aux femmes engagées lors des grèves de 1924.

Bio, bretonne et cohérente pour la Plijadur
« La Plijadur est 100 % bio et nos approvisionnements sont 100 % bretons, souligne Jean-Michel. Ce n’est pas un argument marketing. C’est une cohérence. On brasse ici, avec ce qui vient d’ici. Même logique pour le visuel. Les noms, on les travaille à trois ». C’est le graphiste local Geoffroy Galliot (Fou de bassan communication) qui leur donne une forte identité visuelle.
Rock, houblon et circuit court
Qui dit ville rebelle et classe ouvrière mobilisée, dit rock’n’roll. Ainsi, les trois amis accueillent régulièrement de jeunes groupes locaux pour leur donner leur chance. Parfois, ça match ! Comme avec l’excellent groupe de rock Komodor.

Pour fêter la sortie de Time and Space, nouvel livraison du groupe de Douarnenez, la brasserie a lancé une bière du même nom avec le groupe douarneniste. Une blonde légère en canette 50 cl, avec la pochette de l’album en façade. Une rencontre évidente entre houblon et guitares, en circuit court et en mode local jusqu’au bout.
« La bière Komodor, c’est notre première vraie collab, et clairement pas la dernière. On a brassé ensemble une pils à leur image : directe, houblonnée et sans chichi », résume Alex. Est-ce que le nouveau coup de cœur du trio, le groupe Bâtarde, qui sont venus jouer pour fêter les trois ans de la brasserie Plijadur connaîtra le même sort ? « Déjà, selon moi, ils vont eux aussi tout déchirer en 2026 », prévient Pierre.
Dégustez avec plaisir… et avec modération.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. Vente interdite aux mineurs.



